CARNET DE VOYAGE

48 HEURES A DOHA

Arriver au Qatar. Ici, une goutte d'eau vaut plus cher qu'une goutte d'or noir qui coule en abondance dans cette terre sableuse. Le ton est donné. Pourtant sa capitale Doha propose une expérience loin d'être inintéressante. Découverte d'une ville avec ces grands building et sa skyline qui pourrait vous intimider tant elle parait impressionnante à l'occasion du Forum international de Doha.

Par Christel Caulet

octobre, 2018

SEJOURNER A DOHA

Doha est une ville d’escale parfaite à découvrir pour quelques jours. Cette capitale internationale a tout pour vous changer les idées, elle fascine autant qu’elle intrigue. Découverte d’une ville où les gratte-ciels ne relèvent pas de défis de hauteur. Ici, pas de chorégraphie avec des jets d'eau de toutes les couleurs sur fond d'air d'opéra et encore moins de piste de ski en plein désert comme dans l'émirat de Dubaï. Le Qatar a choisi d’investir dans sa culture, son histoire et sa nature, une manière de se distinguer de son imposant voisin, célèbre pour ses excès les plus fous qui lui impose un blocus économique.

Les riches qataris profitent de jours heureux pendant que les ouvriers venus des pays asiatiques affrontent l’épaisse chaleur pour construire et façonner le Qatar de demain. Même si les conditions de travail restent précaires et difficiles. Ce qui n'efface ni le regard porté sur les chantiers pharaoniques, stades, hôtels, résidences, métro ou en encore la toute puissance de l'argent roi…. Ces chantiers brilleront d'ici quelques années lorsque le Qatar accueillera la Coupe du monde de football en 2022. Le Qatar est célèbre pour avoir racheté il y a quelques années maintenant le Paris Saint Germain, célèbre club de foot, devenu le symbole de stratégie offensive d’investissements internationaux du Qatar. Car c’est aussi le premier actionnaire du groupe Lagardère.

Ce pays conjugue les paradoxes à tous les temps ! Pays musulman, le Qatar n'hésite pas à faire une entorse à ses principes en permettant aux hôtels de servir de l'alcool, les femmes sont libres de choisir leur vêtement. Pourtant malgré cela, la majeure partie d’entre elles revêt l’abbaya, une longue robe noire, recouvrant l’ensemble du corps. Doha, la petite ville de pêcheurs de perles et d'humbles bédouins, est devenue l'une de ces mégapoles ultramodernes de la région. Toutes cherchent à attirer les visiteurs du monde entier et surtout à les éloigner quelques jours des aéroports immenses où ils prennent souvent une correspondance pour l'Asie du sud-est ou pour l'Océanie.

Doha et sa skyline de nuit

Doha et sa skyline de nuit

Dans le quartier des gratte-ciels à Doha

Dans le quartier des gratte-ciels à Doha

Découvrir Doha, c'est apprendre à composer avec de multiples nationalités.

Grand lobby au Kempisky hôtel

Grand lobby au Kempisky hôtel

Al Wadi, le nouveau 5 étoiles MGallery de Doha

Al Wadi, le nouveau 5 étoiles MGallery de Doha

Les vitrines des boutiques à Doha

Les vitrines des boutiques à Doha

Dormir au Qatar

L’hôtel Kempiski The Pearl

Cet hôtel impose ces effets clinquants avec un hall magistral et lumineux. Cette architecture européenne mélangée avec des éléments traditionnels arabes tout au long de ses 281 chambres luxueuses - dont 69 suites, deux suites présidentielles et deux suites royales vous recevra avec un sens du luxe omniprésent. Chaque hébergement offre un service de majordome privé, 24 heures par jour. Marsa Malaz Kempinski est situé dans sa propre île isolée, à quelques pas de nombreux restaurants et de divertissements dans les districts de Porto Saoudite et Medina Centrale. Le quartier central des affaires de West Bay se trouve à 10 minutes en voiture et l'aéroport international Hamad à 30 minutes. Avec une plage privée et d’immenses piscines extérieures.

L’adresse : The Pearl - Doha, Costa Malaz Bay, Doha, Qatar
Tarif : A partir de 350€
Pour plus d'informations et réservation : https://www.kempinski.com/en/doha/marsa-malaz-kempinski-the-pearl-doha/

Sharq Village & Spa

Ce complexe hôtelier se situe à quelques minutes de l’aéroport, ce qui est très pratique pour un court séjour et un départ matinal. Excentré du centre-ville, Le confort et l’élégance incarnent ce lieu. Le luxe des meilleurs 5 étoiles dans une architecture arabe magnifique. Patios et fontaines apaisent à peine avoir franchi la porte d’entrée et vous serez immédiatement séduit par le détail des sculptures sur gypse, les arabesques, et la noblesse des matériaux, marbre et bois et la recherche du détail. On s’y sent tout de suite bien et dépaysés. La piscine est une invitation au farniente.

L’adresse : Ras Abu Abboud Street, PO Box 26662, Doha, 26662 Qatar, +974 4425 6666
Tarif : à partir de 195€ pour une chambre double
Plus d’infos et réservation : www.sharqvillageandspa.com

Le Shératon

Situé le long du golfe Persique, cet hôtel de luxe impose sa tour de verre avec une plage privée à 3 minutes de marche de Sheraton Park, près du centre d’expositions de Doha et à 18 km de l’aéroport International de Hamad. Avec ses chambres casual-chic avec café Nespresso et balcon, vous pourrez vous y sentir à l’aise. Parking avec voiturier et petit déjeuner sont gratuits. Le lieu dispose également d’une salle de gym 24heures/24, d’une salle de bal, de jardins avec cabines et d’une piscine extérieure avec un bain à remous.

L’adresse : Al Corniche St, Doha, Qatar
Tarif : A partir de 300€
Plus d'infos et réservation : https://www.marriott.com/hotels/travel/dohsi-sheraton-grand-doha-resort-and-convention-hotel/

Doha du haut du nouveau 5 étoiles Al Wadi, hôtel M Gallery

QUE VOIR A DOHA ?

Impossible de rater la Corniche, au cœur de la ville, qui s’ouvre sur la mer turquoise. Allez-y tôt le matin pour profiter de la douceur de cette promenade piétonne, longue de 5 kilomètres. Ce sera l’occasion de regarder ces formes verticales de verre et d'acier, sublimées par le soleil omniprésent au loin qui s’impose à la vue de tous. Un cylindre de dentelle métallique, la Qatar Tower, signée par Jean Nouvel, côtoie la Tornado Tower, une hyperbole cernée d'un large quadrillage au bas duquel s'affiche le portrait stylisé de l'émir, visible un peu partout à Doha. La tour Al Bidda, vrillée sur elle-même est enveloppée d'un feuilletage de verre, les Palm Towers aux feuilles stylisées sont représentées par des pans concaves… Et l'émirat a aussi réclamé des prouesses architecturales pour ses musées. Rien que pour cela, ce petit pays 50 fois plus petit que la France, mérite l'escapade.

Les fans d'architectures et d'art réserveront du temps pour explorer le Musée d'Art Islamique (MIA). Il s’impose comme un pur joyau ! D'abord parce que l'édifice lui-même est époustouflant. Si le musée a été conçu par l'architecte sino américain Ieoh Ming Pei, l'auteur de la pyramide du Louvre, qui ne connaissait rien à l'islam avant de se voir confier ce projet grandiose, il y a une dizaine d’années maintenant, le bâtiment impose ses lignes blanches souligné de gris. Dominant la baie, il offre une vue panoramique sur la skyline de Doha avec des terrasses gigantesques de toute beauté, arrondies par des fenêtres en arches. À l'intérieur, un double escalier monumental de marbre blanc surplombe un atrium dont le sol est orné de figures géométriques typiques de l'art islamique. Les centaines de merveilles disposées dans les salles s’offrent à la découverte.  Les œuvres proviennent d'Espagne, de Chine, d'Irak, d'Égypte, de Turquie... Céramiques ornées de calligraphies, assiettes et vases ottomans ornés de fleurs, tapis d'Iran et de Turquie aux couleurs vives et motifs délicats, bijoux précieux aux pierres multicolores… En résumé, vous y trouverez toute l’histoire de l’islam du VIIe au XIXe siècles, magnifié par la mise en scène de Jean-Michel Wilmotte.  L’obscurité des salles met en valeur quelques 900 pièces exposées même si ce musée possède quelques 4000 pièces d’art. A noter, vous pourrez profiter de ce lieu exceptionnel avec le restaurant dont la carte a été confiée à Alain Ducasse.

Dans le quartier Katara Village à Doha
Statue dans le quartier Katara Village

Passion pour l'architecture

Sans oublier la toute nouvelle bibliothèque confiée à Rem Koolhaas. Véritable cathédrale de livres qui déploie à 360 degrés des rayonnages installés en escalier, ouverts à tous. La Bibliothèque du Qatar est le genre de détour à faire car cet endroit créé en 2017 vaut vraiment le coup d’œil. Tout y est informatisée et souligne l’intérêt du Qatar pour la culture. Au total, on y trouve 800 000 livres dans plusieurs langues (français, anglais, arabe, espagnol…). Même si d’autres ouvrages seront prochainement acquis par Patrice Landry, le nouveau directeur de l’établissement venu du Canada.

Ne pas oublier d’aller visiter l’étage inférieur dédié à l’héritage islamique culturel, les livres trônent au milieu d’œuvres d’art. On y retrouve notamment une exposition sur la représentation de la femme dans l’imagerie du Qatar. Le responsable de cette partie de la Bibliothèque du Qatar est français, Stéphane Ipert, est également responsable de l’acquisition de nouveaux biens pour l’état. A voir : Le précieux feuillet du Coran bleu qui date du Xe siècle dont le vélin est teint à l’indigo sans oublier la dorure fixée avec du blanc d’œuf ! Sans oublier de se laisser séduire par cette ambiance dans cette architecture sublime.

Sans oublier la Rose des Sables, formée de disques de béton et de fibre de verre, à l'image des pierres du désert dont les cristaux font penser à des pétales, Jean Nouvel signera le musée national du Qatar dont l'ouverture est prévue à la fin de 2018.

À Doha, l'aventure touristique a commencé il y a une trentaine d'années seulement. Au début des années 80, la ville n'était qu'un désert. Sur la pointe de la baie, le Sheraton a décidé de construire une pyramide de béton géante au milieu de nulle part. L’imposant hôtel est toujours là, comme un phare, un repère de l'urbanisation accélérée. Et tout autour, le désert a laissé place à une forêt de tours, de routes droites bordées de palmiers et de pelouses aux poteaux colorés.

Avec seulement 10% de la population originaire du Qatar, Doha s’impose comme une capitale internationale en composant avec les Asiatiques, les Indiens, les Européens qui font tourner l'économie. Près de 5000 expatriés français vivent aujourd’hui au Qatar. Le gouvernement du Qatar souhaite attirer chaque année 5,6 millions de touristes d'ici à 2023, soit le double par rapport à 2016. Pour casser les préjugés culturels, Amal AlShamari d’Embrace Doha a créé une entreprise touristique qu’elle gère depuis quelques année.  «J’ai bien sur voyagé beaucoup et j’ai eu la chance de découvrir d’autres cultures. C’est pour cela aujourd’hui que je souhaite permettre à d’autres personnes de découvrir la culture de notre pays. On doit faire découvrir nos modes de vie, nos cultures, nos coutumes pour éviter les mauvaises interprétations », explique-t-elle avant de conclure : « Encourager le tourisme entre les nations en créant un véritable dialogue interculturel est capital. » avant de nous entrainer dans le souk Waqif.

Aucun chiffre ne sera communiqué sur les investissements qataris dans le secteur culturel. Pourtant, cela semble faramineux !

L'incontournable Souq Wahif

Le Souq Waqif est un incontournable. Ouvert uniquement le soir, s'y entremêle des boutiques de souvenirs kitsch, un marché de l'or, les petits magasins d'épices de toutes sortes, sans oublier un marché aux oiseaux. On s’arrêtera volontiers pour déguster un « shaï karak », ce thé sucré à la cardamome et au lait ou fumer la chicha à la terrasse d’un café. Sur la grande place du Souk, les femmes vendent des plats chauds à emporter, leurs marmites dans une ambiance apaisée. Dans les ruelles, les magasins restent ouverts jusqu’à tard dans la nuit pour accueillir les nombreux touristes.

Le contraste est alors saisissant si on compare la popularité du lieu avec Mushreib, un écoquartier de Doha sorti du sable il y a peu. Pourtant, tout a été mis en place pour en faire un succès commercial avec des hébergements de luxe, des appartements de prestige, des boutiques haut de gamme et des écoles. Un lieu de vie moderne et agréable où la température est soi-disant rafraichie grâce à des techniques dernier cri.

Autre étape à ne pas rater le Katara village, un quartier culturel qui rassemble un amphithéâtre spacieux, de boutiques tendance. L’architecture moderne offre un espace agréable pour une visite rapide.

Les terrasses du MIA valent le détour
Découvrir le musée des arts islamiques
MIA, le musée d'art islamique
au souk wahif
Le souk Wahif à Doha

Escapade à la campagne qatari

Anantara Suite Master Bedroom à Banana Island

Ici, la campagne revêt des allures de désert ou de plages sublimes aux eaux cristallines.

Plage et farniente au Qatar

A moins que vous soyez davantage transat et pieds en éventail sur une plage de rêve. Alors là, on se tournera volontiers vers Banana Island, la pépite du Qatar. Un hôtel de luxe Anantara prend sa mission à cœur quand il s’agit de protéger ce lieu exotique à souhait. Ici, c’est détente et plongée sous-marine dans ses eaux turquoises et des palmiers le long de la longue plage de sable fin. Tout est une affaire de choix au Qatar.

Le faucon, grande passion des Qataris

Le désert, l'autre campagne du Qatar

Autre plongeon culturel apprécié par les touristes étrangers, un séjour dans le désert., lorsque la température est encore douce. Le lieu attire également les familles qataries si on en juge les  camping-cars présent en bordure de mer. Les touristes peuvent tenter l'aventure en rejoignant l'un des camps de tentes en bordure de mer. Il faut rouler une heure au sud de la capitale pour rejoindre Doha Bus pour une aventure à travers les dunes. « Tous les week-ends, les Qataris s'amusent à faire du dune bashing ». Comprenez des glissades en 4X4 sur les pentes de sable. Sans oublier la descente en à pic pour le frisson…

A moins que vous préfériez découvrir les faucons de chasse dont raffolent les Qataris fortunés. Mais là, c’est une autre aventure qui commence...

Les bonnes adresses du Qatar

CARNET DE ROUTE

Y ALLER - Paris-Doha à partir de 880 € en classe éco sur Qatar Airways (trois vols par jour). La compagnie vous proposera sa «Q Suite», une classe affaires aménagée comme une première classe avec des cabines fermées, sur le vol du matin en Boeing 777, 4 000 € depuis Paris. À noter les départs de Nice, une fois par jour en Dreamliner.

FORMALITÉS - Aucun visa n'est nécessaire pour se rendre au Qatar. En revanche, le passeport biométrique est obligatoire. Le blocus imposé par les États voisins (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn, Égypte) n'affecte pas les touristes.

MEILLEURE SAISON - Mieux vaut partir entre novembre et avril. À partir de mai, la température grimpe jusqu'à 40 °C et au-delà. Il ne pleut que 4 à 5 jours/an.

A EMPORTER DANS SA VALISE :

SE RENSEIGNER -www.visitqatar.qa/fr

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