VOYAGES

 

IMPRESSIONS WILD IN ARGENTINE

L’ARGENTINE, QUOI DE MIEUX QUE DE LARGES ÉTENDUES VIERGES DE TOUTE PRÉSENCE HUMAINE ? MONTER À CHEVAL, SE PRENDRE POUR UN GAUCHO ET NE PAS OUBLIER D’IMMORTALISER CHACUN DE SES MOMENTS SUR INSTAGRAM…ET REFAIRE LE MONDE AUTOUR D’UN MATÉ DE PRÉFÉRENCE

Par Christel Caulet

septembre, 2018

Se prendre pour un gaucho

On s’est infiltré au milieu des larges étendues de verdure sans croiser âmes qui vivent. L’impression est autant surprenante que réconfortante quand vous y croisez quelqu’un qui vous regarde de haut en bas avant de vous proposer un maté tel un rituel. Découverte d’un mode de vie…

Les mouches s’animent autour du museau du cheval sous une légère brise chaude. Douze longs visages appuyés sur des enclos en bois regardent une pratique rituelle argentine, le passage d’une gourde de mate. Le maté, le thé latino-américain, est populaire au sein de la communauté argentine. Assurément, un dérivé symbolique de la pipe du cowboy. Au milieu de la grange, trois gauchos participent à ce rituel, assis en tailleur quelque part dans la Patagonie argentine. Les lumières faibles s’infiltrent avec la chaleur lourde de cet fin d’été. Aussi étrangement que réel, un nuage de fumée de cigarette suit les gauchos. « Ici, la vie est basée sur le rythme des animaux. Résultat : Nous nous levons lorsque les chevaux se lèvent, généralement quand le soleil se lève aussi », exhale Juan dans un panache de fumée effervescente. Puis s’en suivent les tâches habituelles : Nettoyer les chevaux. Les gauchos sortent du lit, mettent leurs bérets, et jalonnent les chevaux avec un désarroi très tôt ce matin. Après avoir sifflé leur cheval, ils partent déjà se disputer quatre autres chevaux à travers les larges étendues de l’Argentine profonde. Certains préfèreront le confort douillet d’un pick-up pour s’élancer sur une piste qui fait déjà office de route. D’autres montent leur fidèle compagnon et coupent à travers les champs verts alors que le soleil se lève déjà du côte de El Calafaté.

Boire un maté

Boire un maté

Pour moi, c’est le bonheur suprême lorsque je suis sur Charly, mon cheval et qu’on galope à travers les champs. Je ne pourrai pas faire autre chose !

Dans les champs verts de la Patagonie

Dans les champs verts de la Patagonie

Mais incontestablement, il faut voir les gauchos sur le dos de leur monture galoper à travers la pampa vers la piste, sur de l’herbe froide. Les cheveux souples qui caressent leur visage, ils attrapent dans une vive agilité un lasso et tentent déjà d'attraper la bête sauvage et indisciplinée qui se rebiffe. Les cigarettes qui brûlent au premier plan alors que le soleil se lève derrière. Suivi par un entourage de chiens, ils mènent chacun cinq chevaux à travers un labyrinthe de sentiers de terre, en changeant de route et en faisant des pas de force en tirant sur les rênes.

Après les exercices du matin, le soleil commençant à réchauffer l’air frais, il est déjà temps de revenir au ranch où les gauchos auront tout le temps pour dorloter les bêtes. Une fois arrivés, les chevaux conservent une forme de liberté la plus totale dans un immense champs où chacun va et vient à son rythme. Les gauchos se mettent à nettoyer les paddocks. Sans oublier les pauses familiales autour d’une cigarette et d’un maté. Après que les étals soient nettoyés, les gauchos roulent leurs manches et s’assoient en cercle, se passent le maté et rient légèrement. Entre eux. Le reste de la journée consiste à répondre aux besoins des chevaux et à les exercer à nouveau. Ils passent toute la journée avec les chevaux et dorment à moins de 5 mètres de distance, sous le foin stocké dans la grange. La simplicité dans leur vie n’est pas monotone, mais admirable et rafraîchissante.

Au ranch, premier pas dans ma vie de gaucho

Au ranch, premier pas dans ma vie de gaucho

UNE VIE DIFFICILE

Cette vie en autarcie avec les chevaux les pousse à une forme de réclusion qu’ils apprécient. Pour Miguel, gaucho depuis son plus jeune âge, reconnait : «Je sais que je ne pourrai jamais apprécier la vie en ville comme à Buenos Aires. Pour moi, c’est le bonheur suprême lorsque je suis sur Charly, mon cheval et qu’on galope à travers les champs. Je ne pourrai pas faire autre chose !» Très peu de ces Argentins ne connaissent Buenos Aires. La plupart n’y sont jamais allés et n’iront probablement pas. Pour eux, la liberté qu’offrent les territoires de la Patagonie est bien plus précieuse que tout l’argent du monde. Ici, la passion du cheval se transmet dans les gênes même si Miguelito, le fils de Miguel, regarde les yeux brillants les photos de Buenos Aires de son livre de géographie. Quand on lui demande s’il aimerait y aller, il sourit, gêné. Mais pas le temps d’exprimer un oui ou un non que son père rigole. «Mon fils devra être un champion parce qu’il héritera de mon ranch comme j’en ai hérité de mon père.» Une fierté résonne dans sa voix, mettant sans doute fin ainsi aux rêves de son fils !

Une nature généreuse

Ici, la nature est splendide. Le décor change constamment. Entre les chemins terreux et les collines verdoyantes, on ne sait plus où regarder. Pourtant, Miguel, lui, n'en fait même pas cas. "Je suis né ici. Je vis ici. Je fais partie du décor d'une certaine manière. Je rêve de voir mon fils prendre la relève par fierté. Même si je sais qu'il préfèrerait partir à la ville. Mais bon, je n'ai pas les moyens de lui offrir l'argent qu'il faut. Donc il restera ici. Lui aussi fait partie du décor ! "

"Je suis né ici. Je vis ici. Je fais partie du décor d'une certaine manière. Je rêve de voir mon fils prendre la relève par fierté. Même si je sais qu'il préfèrerait partir à la ville. Mais bon, je n'ai pas les moyens de lui offrir l'argent qu'il faut. Donc il restera ici. Lui aussi fait partie du décor ! "

Impossible d'échapper à cette vie

D'une certaine manière, la vie du fils de Miguel est déjà dessinée. Impossible pour lui d'en échapper. Découvrir cette expérience fut enrichissant et m'a rappelée à mon enfance. Issue d'une famille agricole, je me suis reconnue dans l'histoire de ce fiston.

Miguel, cow-boy de père en fils

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5 commentaires

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